Guide de la sous-traitance
Cadre juridique, déclaration et bonnes pratiques de la sous-traitance dans les marchés publics.
La sous-traitance dans les marchés publics : droits, obligations et bonnes pratiques
La sous-traitance est une pratique courante dans les marchés publics, en particulier dans le secteur des travaux. Elle est encadrée par la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 et par le Code de la commande publique. Maîtriser ses règles est indispensable pour le titulaire comme pour le sous-traitant.
Définition et cadre juridique
La sous-traitance est l'opération par laquelle le titulaire du marché confie à un tiers (le sous-traitant) l'exécution d'une partie des prestations dont il a la charge. Le titulaire reste responsable de l'exécution de l'ensemble du marché vis-à-vis de l'acheteur public.
Attention : la sous-traitance totale est interdite. Le titulaire doit exécuter personnellement une part substantielle du marché.
L'obligation de déclaration
Le titulaire d'un marché public est tenu de déclarer ses sous-traitants et de les faire accepter par l'acheteur public. Cette déclaration peut intervenir :
- Au moment de l'offre : le candidat indique les sous-traitants pressentis dans le formulaire DC4 (ou dans le DUME)
- En cours d'exécution : le titulaire peut présenter de nouveaux sous-traitants, soumis à l'acceptation de l'acheteur
L'acheteur vérifie que le sous-traitant ne se trouve pas dans un cas d'exclusion (condamnation pénale, dette fiscale ou sociale, etc.).
Le paiement direct
Le paiement direct est un droit fondamental du sous-traitant de premier rang. L'acheteur public paie directement le sous-traitant pour la part de prestations qu'il a réalisée, sans passer par le titulaire. Ce mécanisme protège le sous-traitant contre les impayés du titulaire.
Conditions du paiement direct :
- Le montant de la sous-traitance doit dépasser 600 € TTC
- Le sous-traitant doit avoir été accepté et ses conditions de paiement agréées par l'acheteur
- Le sous-traitant adresse sa demande de paiement au titulaire qui la transmet à l'acheteur
Sous-traitance de second rang et au-delà
La sous-traitance en chaîne (un sous-traitant qui sous-traite à son tour) est autorisée mais doit être déclarée. Toutefois, seul le sous-traitant de premier rang bénéficie du paiement direct. Les sous-traitants de rang supérieur sont payés par leur donneur d'ordre direct.
Bonnes pratiques pour le titulaire
- Déclarez vos sous-traitants dès la candidature : cela démontre votre organisation et votre transparence
- Vérifiez les compétences du sous-traitant : certifications, références, assurances
- Formalisez la relation par un contrat de sous-traitance clair (périmètre, prix, délais, pénalités)
- Supervisez l'exécution : vous restez responsable vis-à-vis de l'acheteur
Bonnes pratiques pour le sous-traitant
- Exigez d'être déclaré : travailler sans déclaration vous prive du droit au paiement direct
- Vérifiez les conditions financières : le montant et les conditions de paiement doivent être agréés par l'acheteur
- Adressez vos demandes de paiement au titulaire dans les formes prévues par le contrat
- En cas de litige, vous pouvez saisir directement l'acheteur public ou le juge administratif
Risques à connaître
Un sous-traitant non déclaré n'a aucun droit au paiement direct et ne peut pas agir directement contre l'acheteur. Le titulaire qui ne déclare pas ses sous-traitants s'expose à des sanctions, voire à la résiliation du marché. Sur marchespublics.ai, les obligations de sous-traitance sont signalées dans l'analyse des DCE pour vous aider à rester en conformité.
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